À la découverte du Shweshwe, tissu coloré et vibrant d’Afrique du Sud.



Ce tissu de coton épais se distingue par ses couleurs vibrantes et ses motifs géométriques répétitifs et variés. Il inspire de nombreux designers si bien qu’on le retrouve aussi bien dans la mode et accessoires qu’en décoration.



Le bleu de l’indigo


L’origine de ce tissu se trouve hors du continent et remonte à l’antiquité ! Les Arabes et les Phéniciens utilisaient déjà cette teinture Indigo issue de l’arbre Indigofera Tinctoria également connu sous le nom d’Indigotier. Les feuilles de cette plante cultivée essentiellement dans les régions tropicales d’Asie, étaient utilisées autrefois pour la préparation de la teinture d’indigo, une teinture présente dans de nombreuses cultures. Ce sont les Néerlandais qui amènent cette technique de teinture en Afrique du sud en 1652 à leur arrivée au Cap de Bonne Espérance. Il était alors porté par les esclaves, les soldats, les femmes des peuples Khoisan et de la communauté Boers des Voortrekker.




De L’Europe à l’Afrique du Sud


Le procédé qui donne les motifs aussi précis vient d’Europe. C’est au cours des XVIIIe et XIXe siècles que les fabricants de textiles européens ont développé un procédé d’impression par décoloration, qu’ils utilisaient sur des tissus indigo teints au préalable avec une couleur obtenue de façon synthétique.

Cette méthode consistait à passer le tissu dans des rouleaux de cuivre sur lesquels étaient gravés les motifs et qui libéraient un agent de blanchiment révélant l’imprimé.

La fabrication du ShweShwe, alors connu sous le nom de « Blaudruk » est passée de l’Allemagne aux Pays Bas, à l’Angleterre, pour enfin devenir exclusivement sud-africaine en 1982 avec la compagnie Da Gama à Zwelitsha dans le Eastern Cape. Depuis, ses marques célèbres « 3 cats » et « 3 léopards » sont devenus un symbole de l’authenticité du Shweshwe et il devient alors propre à la nation arc-en-ciel.



L’origine du nom ShweShwe


Ce sont des missionnaires français qui, aux alentours des années 1840, ont offert cet imprimé à Moshoeshoe 1er, Chef des Sothos, ce peuple Bantou du Lesotho. Ce dernier fut tellement séduit qu’il donna son nom à cet imprimé.

Une autre version de l’histoire viendrait du bruit que fait ce tissu à la texture amidonnée lorsque les femmes marchaient dans la rue avec leurs jupes longues et bouffantes : Shwe-shwe-shwe…

En fait, l’usage de l’amidon date du temps où le tissu était importé d’Europe par bateau afin de conserver le tissu pendant la traversée. Encore aujourd’hui, le tissu est rigide à la sortie de l’usine, mais devient doux et inodore dès le premier lavage.




Une création 100% sud africaine


Ce tissu originellement décliné d’abord en indigo, puis en rouge vif et chocolat est imprimé aujourd’hui dans de nouvelles couleurs comme le noir, le vert, le turquoise, l’orange citrouille, le rose vif et le jaune-or. Le ShweShwe et ses couleurs vives inspire une nouvelle génération de designers, une génération post-apartheid.

Stigmatisés par le régime raciste d’apartheid, les Sud-africains noirs avaient adopté le mode vestimentaire occidental. Mais, avec les premières élections multiraciales de 1994 est apparu le thème de « la renaissance africaine », et la population noire a retrouvé sa fierté d’être Sud-Africaine. Progressivement, une mode spécifique à l’Afrique du Sud a émergé. Pour Maud Mbowane, designer de “Izimm clothing”, la mode sud africaine se définit par son “individualisme” et sa “mixité”.




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