Alida Ymelé et ses héroïnes sur toile.

Dès son plus jeune âge, Alida Ymelé est sensible à l'art. Dessiner ou " gribouiller " comme elle aime à le dire, lui procure alors une joie immense. La disparition de ses parents très tôt, a confirmé son amour pour l'art qui, au-delà de lui permettre d'exprimer ses points de vue, l'apaise et représente un véritable exutoire.



1 - Parlez-nous de votre parcours ?

Je m'appelle Alida Ymelé. Je suis née en 1994 au Cameroun. Je vis et travaille à Douala. J’ai obtenu en 2019 un Master professionnel en Arts Plastiques à l’Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba, à l'université de Douala.


J’ai eu le plaisir de participer à de nombreuses expositions collectives comme " Sonsbeek " à Arnhem au Pays-Bas (2021), " Artuelles interférences " au Cameroun en 2020 et 2021 ou encore Woman Power à Bandjoun Station au Cameroun en 2018, pour ne citer que celles-ci...

2 - Quelles sont vos inspirations ?


Les femmes, qui constituent le socle de mon enfance sont au centre de mes travaux. Ma pratique artistique est une exploration permanente tournant autour de questions sociétales les concernant.


Je suis une observatrice de la vie quotidienne et j'aime mettre en avant ces héroïnes des temps modernes. Je m’inspire ainsi des femmes de mon entourage, de mes différentes rencontres, de mes discussions avec des femmes rescapées de l’immigration et aussi de mes multiples recherches et lectures.


Je suis depuis peu une jeune maman au foyer et ce nouveau statut a un impact énorme sur mon travail, étant donné que ces femmes qui ont façonné mon enfance étaient toutes des mères pour moi.

3 - Quelle(s) technique(s) utilisez-vous pour vos créations ?

Grâce à une technique mixte qui associe peinture acrylique, posca et acrylique, encre de chine sur toile ; je donne à mes modèles forces et puissances, qui se révèlent être des attributs contraires à leur statut de départ.


Les rayures, tantôt en fond de toiles, tantôt sur les visages, jouent un rôle très important. Ces lignes sont issues des sacs que l'on appelle " Ghana must go " et qui rappelle l'histoire difficile de la fuite de 2 millions d’immigrés illégaux ghanéens, chassés du Nigéria au début des années 1980. Tel un labyrinthe, la complexité du tissage de ce sac représente les difficultés rencontrées par ces femmes téméraires, ainsi que les histoires individuelles qui s’entremêlent pour constituer une véritable mémoire collective.


Le choix des couleurs chaudes symbolise la puissance, la force et l'énergie. Quant au gris qui parcourt les visages, il est pour moi un moyen de déconstruire le concept de race par la couleur, qui m'a été inspiré par la peintre américaine Amy Sherald.



5 - Quelles sont vos expositions majeures ?

Je compte à mon actif onze (11) expositions collectives réparties entre le Cameroun et l'Europe, dont la plus importante à ce jour reste celle de " Sonsbeek " à Arnhem (Pays-Bas). " Sonsbeek " est un projet d’exposition historique initié en 1949 après la deuxième guerre mondiale. Cette exposition avait été lancée dans le but de réparer les lourds dommages que la ville avait subi, lors de la bataille d'Arnhem pendant la Seconde Guerre mondiale. C'était pour moi un expérience déterminante, qui m'a conforté davantage dans mon choix de suivre une voie artistique plutôt qu'une autre...


6 - Où peut-on admirer vos oeuvres ?


Pour le moment, et en l'absence d'exposition ou tout autre évènement artistique/culturel, je partage mes créations en ligne. Vous pouvez donc les retrouver sur mes comptes Facebook et Instagram.



 

Suivez Kelen sur Facebook et Instagram, pour encore plus d'actualités et de contenus sur l'art contemporain d'Afrique.

32 vues0 commentaire