Kadija Sangho, une collectionneuse passionnée d'art contemporain d'Afrique.



Malienne d'origine et professionnelle internationale, Kadija Sangho est une collectionneuse passionnée d'Afrique, avec une collection qui s'agrandit au fil de ses voyages et découvertes. Du Cameroun en passant par le Maroc où elle réside actuellement, Kadija a accepté de nous partager un bout de son parcours de collectionneuse ainsi que quelques usages en vogue dans le milieu.



1 - Quel a été votre premier contact avec le monde de l’art ?

J’ai été en contact avec le monde de l’art dès mon plus jeune âge à travers des sorties dans les musées et des visites d'expositions.

Cependant, j'interagis plus régulièrement avec le monde de l’art depuis 2016, période à laquelle je suis venue m’installer en Afrique. Si je dois retenir une date, je peux dire 12/2016 lors du vernissage de Joël Mpah Dooh pour les 21 ans de la galerie MAM à Douala.


2 - Pourquoi collectionnez-vous de l’art contemporain ?

Le choix de collectionner de l’art contemporain découle de plusieurs aspects. D’un point de vue "art visuel", je suis très attirée par la liberté des formes, des couleurs et l’audace des messages qui passent à travers l’art contemporain.


Au niveau des valeurs, je suis dans le courant des jeunes collectionneurs sensibles aux "living artistes". Je pense que les artistes doivent vivre et profiter des fruits de leur art de leur vivant. Cette notion est d’autant plus importante pour moi sur le marché de l’art contemporain d’Afrique, où l’évolution actuelle de nos sociétés ne valorise pas suffisamment la création artistique.


Pour finir, il y a un volet budget qui peut intégrer toute cette équation, dans la mesure où les œuvres d’arts classiques et modernes de grands artistes côtés se révèlent être hors budgets pour les jeunes collectionneurs.


3 - Comment s’est constituée votre collection?

J’ai constitué ma collection au fil des années, à travers des découvertes lors des vernissages, des foires d’art et aussi des découvertes sur internet. J’ai également beaucoup écouté les conseils de collectionneurs plus avisés et mêmes certains artistes qui m’ont aidé à inclure des jeunes sortants d’école d’art dans ma sélection. Je pense notamment au jeune Diakaridia Traoré que j’ai découvert grâce à Amadou Sanogo.


4 - Collectionnez-vous exclusivement de l’art contemporain d’Afrique ?

J’ai commencé à collectionner en étant sur le continent. Ma collection est de ce fait très orientée sur l’Afrique et composée essentiellement d’artistes africains installés sur le continent ou basés en France. Je suis néanmoins attentive à l'évolution des tendances en Amérique Latine.


5 - Combien d’œuvres possédez-vous ?

Dans ma collection, je possède actuellement 27 œuvres d’arts dont deux photographies et une sculpture.


6 - Quel a été votre premier achat ?

J’ai fait ma toute première acquisition lors de la première édition de la " Douala Art Fair " en 2018. Il s'agissait d'une magnifique peinture de Marc Padeu.


7- Qu’est-ce qui vous attire en premier vers une œuvre ? Plaisir ? Émotion ?

Mon premier point d’attrait avec l’œuvre passe par le message que j’arrive à lire du travail, avant même l’interprétation que peut me donner l’artiste par la suite. J’éprouve beaucoup de plaisir dans cet exercice. Ensuite, vu que j’ai une démarche orientée sur les jeunes artistes je rajoute quelques critères de sélection, qui peuvent porter sur la technique, l’école d’art de l’artiste, son affiliation à une galerie ou un groupement afin de suivre son évolution et sa démarche dans le temps. J’ai de ce fait (et malheureusement) peu d’autodidactes dans ma collection, uniquement deux artistes qui m’ont beaucoup touchée.


Pour finir, le contact et le feeling avec l’artiste sont des points qui peuvent être importants dans ma démarche. Certains sont même devenus mes amis.


8 - Comment dénichez-vous vos artistes ? Sur Internet ? En galerie ? Avez-vous déjà acheté des œuvres en ligne ?

Je recherche activement en ligne sur des sites comme Artsy, Artsper, la presse spécialisée mais aussi Instagram, qui est un canal très utilisé par les jeunes artistes et des plateformes comme Kelen.


Pour les marchés que je découvre, je prends attache avec les galeries afin de mieux connaitre l’offre. C’est le cas actuellement au Maroc où je réside. J’essaye de mieux comprendre les créations sur le marché.


Lors de mes voyages, je rencontre régulièrement les artistes dans leur cadre de travail, au sein des ateliers ou des groupements du type atelier Badialan à Bamako, qui est un vrai nid pour les jeunes talents.


J’achète ou réserve des œuvres à distance d’une manière très courante, c’est très adapté à nos vies en 2021.


9 - Quelle est votre fréquence d’achat ?

Je n’ai pas de règles particulière à ce sujet. Tout dépend du contexte et de l’offre. Je peux néanmoins noter que j’ai acheté chaque année depuis 2016 sauf en 2020 avec le contexte d’instabilité généré par la crise de la COVID-19.


10 - Pour vous, la notion de prix a-t-elle son importance ?

La création artistique est tellement subjective que la notion de prix peut être perturbante pour les artistes et les acheteurs.

Néanmoins, à mon niveau de jeune collectionneuse débutante, le prix a toute son importance : mon budget est limité. Je me fixe quelques critères et limites, sans pour autant entrer dans un rapport de négociation qui peut paraître irrespectueux par rapport au travail de l’artiste.


Amadou Sanogo
 

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