L'histoire fascinante de femmes soldats, les “Amazones du Dahomey”


Les amazones du Dahomey© DR / Collectie Stichting Nationaal Museum van Wereldculturen / Commons

Probablement créées au début du 18e siècle, les troupes d’élite des femmes soldats du Dahomey (actuel Bénin) ont contribué à la puissance militaire du Royaume du Dahomey aux 18e et 19e siècles. Ces femmes guerrières sont les « Mino » (« nos mères », en langue fon), surnommées les « Amazones du Dahomey » par les Européens, en référence au mythe des femmes guerrières de l’antiquité. Une armée de femme unique au monde au XVIIIe siècle.


Enrôlées encore enfants, elles vivaient isolées dans les palais royaux. Leur vie était consacrée au maniement des armes, aux entraînements rythmés par des chants et des chorégraphies militaires, aux guerres de conquête et à la protection du Roi.


Ayant fait vœu de chasteté en rejoignant l’armée du Dahomey, ces guerrières d’élite, qui n’étaient pas autorisées à se marier ou à avoir des enfants pendant qu’elles servaient, possédaient un statut presque sacré qui condamnait la plupart des hommes osant poser la main sur elles à la mort.



Des guerrières redoutables…


« Vaincre ou mourir », telle était leur devise.

Crane rasé, coiffé d’un bonnet blanc orné de caïmans bleus, elles avaient la démarche virile et le regard noir. Elles étaient de redoutables guerrières qui décapitaient leurs adversaires et brandissaient leurs têtes pour anéantir toute résistance. Les amazones suivaient un entraînement intense au combat et au maniement des armes. Elles étaient conditionnées psychologiquement pour résister à la douleur et ignorer la pitié.


A la fin du 19e siècle, quatre mille guerrières pouvaient être mobilisées en cas de conflit. Elles étaient réparties en différentes unités, chacune possédant ses uniformes, ses drapeaux, ses chants et ses danses de combat.


Ces redoutables guerrières surpassaient les hommes par leur courage et par leur efficacité au combat.



Cyprien Tokoudgaba, Amazone, 2005

Des victoires… jusqu’à l’ultime défaite


Les femmes soldats se sont distinguées à maintes reprises au cours de l’histoire du Royaume du Dahomey.


Le règne de ces combattantes se poursuivait au cours de l’expansion coloniale française en Afrique durant les années 1890. Mais à la fin de la seconde guerre franco-dahoméenne, les Français vont emporter la bataille. Les Amazones furent pour la plupart tuées au cours des 23 batailles de ce conflit.


Leur détermination sans faille va marquer durablement les esprits, certains légionnaires soulignant dans leurs écrits « leur audace et leur courage incroyable ».

Nawi, la dernière des Amazones du Dahomey connue, est morte en 1979.


En dépit de la rudesse de la vie de femme soldat, faire partie de la garde rapprochée du roi constituait pour beaucoup d’habitantes du Dahomey un moyen d’échapper à une existence vouée aux corvées domestiques. Servir au sein des Amazones offrait non seulement aux femmes l’indépendance et la possibilité d’occuper des postes importants au sein de l’armée mais également celle de siéger au Grand Conseil et d’influer sur la politique du royaume.




Pour en savoir plus sur ces femmes guerrières, je vous invite à lire "Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire" (Medu Neter) de la journaliste et auteure Sylvia Serbin.


Artistiquement vôtre,

Daffa


J’aime mettre en avant des femmes amoureuses d’art, des femmes passionnées, engagées et inspirantes. Même si je le fais tout au long de l’année (cf ma série d’interviews sur les femmes dans l’art), le mois de mars est une excellente occasion de les mettre encore une fois à l’honneur!


Je vous présenterai des femmes exceptionnelles qui ont marqué l’histoire de l’Afrique mais aussi des artistes et designers contemporaines qui chacune à leur manière œuvrent pour le rayonnement de l’Afrique!


Des femmes exceptionnelles dans l’histoire de l’Afrique


De nombreuses femmes exceptionnelles ont contribué à l’histoire du continent africain mais elles sont absentes des enseignements. Heureusement des sources orales et écrites existent permettant de retracer leur histoire.


Le point commun des ces reines, guerrières, prophétesses, résistantes, militantes et qu’elles ont toutes lutté, pour certaines donné de leur vie pour droits: droit de jouir de son territoire, droit des femmes,...


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