Portraits d'artistes : « Little Bighorn », l'oeuvre monumentale d'Ousmane Sow exposée en France.

Mis à jour : mai 19



C’est en 1999 que j’ai découvert ses œuvres colossales exposées sur le pont des Arts à Paris. Y étaient exposées les séries africaines et la série la « bataille de Little Big Horn » qui ont attirées près de 3 millions de visiteurs.


À l’époque j’avais été impressionnée par ces statues monumentales mais ne connaissant ni la signification, ni l’histoire des œuvres, je n’en avais pas perçu la puissance.

"Little Bighorn" à Mont Dauphin en France...

La série Little Bighorn est composée de 24 personnages et 11 chevaux en taille réelle ou augmentée. L’œuvre du sculpteur sénégalais illustre la célèbre bataille qui opposa les Indiens sioux et cheyennes à l’armée fédérale des États-Unis en 1876 au bord de la rivière Little Bighorn.


Ces sculptures seront les pièces maîtresses d’une exposition sur le site de Mont Dauphin (Hautes-Alpes) à partir de juillet 2021.

Ce sont de véritables statues géantes avec une armature de fer recouverte d’argile et pesant chacune entre 90 et 200kg ! Toutes les œuvres ont été sculptées selon une technique propre à l’artiste : structure en fer à béton – paille plastique fondue et modelée, puis toile de jute enduite d’une matière de sa composition.


Cette exposition exceptionnelle, qui rend hommage à l’universalité de l’œuvre d’Ousmane Sow sera présentée pour une durée de 10 ans. À noter que le site du Fort de Mont-Dauphin, place-forte fondée au 17ème siècle par l'architecte militaire Vauban, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.


(Exposition réalisée avec le soutien d’Eiffage Sénégal, de la Fondation Crédit Agricole Alpes Provence, de CMA CGM Sénégal, de Bolloré Transport & Logistics et d'Odcvl).



Ousmane Sow, de kinésithérapeute à sculpteur...


Ousmane Sow est né en 1935 à Dakar. Enfant, il taillait des figurines dans des blocs de calcaire trouvés sur la plage. C’est à 21 ans, à la mort de son père duquel il a hérité la rigueur, le sens du devoir et le refus des honneurs qu’il part pour Paris. Il y fera de petits boulots avant de passer un diplôme de kinésithérapeute.

Il exercera ce métier jusqu’à 50 ans, moment où ses sculptures révélées lui vaudront le succès. Sa formation de kinésithérapeute et sa parfaite connaissance de l’anatomie sont intensément perceptibles dans ses œuvres.


C’est donc à partir de 1987 qu’il se consacre entièrement à son art avec sa première exposition organisée par le Centre Culturel Français de Dakar. Il y exposera ses fameux lutteurs Nouba, ethnie du sud Soudan, faisant la déclaration suivante :


« Je dis les choses comme elles doivent être dites… Je fais comme tous les artistes que j’aime : Rodin, Giacometti ou Maillol... J’exagère ! Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la bataille, c’est l’opposition, le corps à corps, qu’il soit réel ou mental… Il n’y a aucune logique dans mon œuvre, seule ma sensibilité me guide.»

Viendront s'ajouter à la liste, les séries de sculptures suivantes : « Les Masai » en 1988, « les Zoulou » en 1991 et « les Peulh » en 1993 mais aussi « La bataille de Little Big Horn », une série de 11 chevaux et 24 personnages. Dans les années 2000, il réalisera également plus de 80 bronzes.

Ousmane Sow est le premier africain à intégrer l’Académie des Beaux Arts, fierté pour son continent. Son œuvre a été exposée dans plus d'une vingtaine de lieux, parmi lesquels le Whitney Museum à New York.



En juin 2015, une place en hommage à Ousmane Sow à Paris avait été commémorée dans le 15e arrondissement, près de la rue des Entrepreneurs. Un lieu cher à l’artiste, qui y résidait lorsqu’il était en France.


Il y a presque deux ans, j’ai eu la chance de visiter la maison Ousmane Sow à Dakar. Retrouvez l'article que je lui avais consacré ICI.

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