Samuel Fosso : le photographe qui fixe l'objectif.

Du 10 novembre 2021 au 13 mars 2022, la Maison Européenne de la Photographie revient sur l’oeuvre foisonnante du photographe Samuel Fosso, des années 70 jusqu’à aujourd’hui avec sa première grande rétrospective.


Samuel Fosso, Autoportrait Série « African Spirits », 2008 © Samuel Fosso courtesy Jean-Marc Patras / Paris

1- Enfance entre le Cameroun, le Nigéria et la Centrafrique


Samuel Fosso est né en 1952 à Kumba au Cameroun. Il a été élevé au Nigéria qu’il a dû quitter à l'âge de 13 ans suite à la guerre civile du Biafra. Il s’installe chez son oncle à Bangui en Centrafrique et ouvre son propre studio photo à l’âge de 13 ans.


Sa devise : « Avec Studio National, vous serez beau, chic, délicat et facile à reconnaître ».


Ses premiers portraits sont inspirés de la pop culture et des magazines de l’époque. A ses débuts, il utilisait les restes de pellicules de ses clients pour se mettre en scène dans des poses et des rôles iconoclastes.


Archives du Studio Photo National, studio photo de Samuel Fosso à Bangui © Samuel Fosso courtesy Jean-Marc Patras / Paris

2- Premier Prix


C’est en 1994 qu’il connaîtra la renommée avec sa participation aux « Rencontres Africaines de la Photographie » de Bamako, grâce au photographe Bernard Descamps qui a découvert son travail. Il obtiendra le premier prix.


Vincent Godeau, spécialiste de la photographie africain dit de son travail: « Il y a, dans ses prestations pince-sans-rire, un côté spectacle de cabaret. Il a le goût du jeu. Il est excentrique, et c’est bizarre dans une société africaine qui formate l’individu plus qu’on ne le croit »...

En 1995, il expose au festival Africa à Londres, puis à Paris, au Centre National de la Photographie.



3- Entre photo et mise en scène


Pour Samuel Fosso, chaque création est l’occasion d’une séance de pose qui s’apparente à l’adoption d’une nouvelle identité. Il se met en scène ; se met dans la peau d’un personnage.


« Mon travail est toujours associé à la performance. Je considère que mon corps est rattaché à d’autres individus, à la personne que j’incarne afin de transcrire son histoire. ».

Ses vêtements, ses accessoires, ses attitudes, son corps lui-même deviennent des outils dans la fabrication de l’image.



4- Série mythique : Tati

Samuel Fosso, Autoportrait, Série "Tati", "La Femme américaine libérée des années 70', 1997(© Samuel Fosso, courtesy Jean-Marc Patras / Paris)

En 1997, avec ses deux confrères Malick Sidibé et Seydou Keita, il participe à une campagne publicitaire pour les magasins Tati.


Une tente studio est dressée où n’importe qui peut s’y faire photographier. C’est la photographie de rue en version africaine.


Il se dédouble à l’infini en multipliant les rôles de composition : marin, pirate, joueur de golf, garde du corps, chef africain, femme africaine libérée ou bourgeoise fatale. Ces multiples travestissement lui permettent d’adresser des critiques aux sociétés occidentales et africaines.



5- Le vêtement au centre de ses créations


Il réalise en 1999 une série pour Vogue France. Samuel Fosso incarne de nouveau des archétypes, utilisant le vêtement pour se glisser dans le personnage du businessman ou du dandy. Cette relation à la mode perdure aujourd’hui, avec notamment une nouvelle série réalisée par Samuel Fosso pour la créatrice britannique Grace Wales Bonner.



6- African spirit


Samuel Fosso présente la série African Spirit en 2008. Elle rassemble ces photographies monochromes où Samuel Fosso devient les icônes du 20e siècle ayant participé à l’indépendance africaine ou à l’avancée du mouvement des droits civiques : Martin Luther King, Malcolm X, Angela Davis, Patrice Lumumba ou encore Mohammed Ali.


Samuel Fosso l’affirme : « je me devais de rendre hommage à ceux qui ont fait ma liberté ».



7 - SIXSIXSIX

Série SIXSIXSIX

Réalisée en 2015-2016, SIXSIXSIX est une des rares œuvres où l’artiste apparaît sans maquillage ni accessoires. Dans ces images, il exprime toutes les émotions humaines imaginables. "C'est une forme de bilan de toute sa vie, explique la commissaire.



666 est « le chiffre du diable » mais pour lui c'est à la fois tout ce qu'il peut y avoir de pire et de meilleur, les grands bonheurs et les grandes tristesses, avec toutes les nuances d'émotion."



8- Samuel Fosso au sein de grandes collections


Les autoportraits de Samuel Fosso sont présents dans les collections des plus grands musées du monde : la Tate Modern à Londres, le Centre Georges Pompidou et le musée du Quai Branly, à Paris.


C'est au tour de la Maison Européenne de la Photographie (5/7 rue de Fourcy, Paris 4e) de proposer une rétrospective de son travail au grand public, et ce jusqu'au 13 mars 2022.


Découvrez de plus près les créations originales de Samuel Fosso.

 

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