Tidiane Ndongo : une passion pour le bogolan, tissu ancestral malien.



1- Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis un artiste peintre, avec la double nationalité malienne et belge. Je vis à Siby, à 50 km de Bamako au Mali et j'ai un baccalauréat littéraire.


2- Comment est née votre vocation artistique ?

Je n'ai pas pu obtenir de bourse d’études pour poursuivre mes études à l’étranger. Je n'ai pas non plus pu intégrer l'université au Mali à cause de mon activisme dans le mouvement estudiantin, AEEM. Du coup, j'ai appris la technique du bogolan pour passer le temps au départ. Ce sont les clients de mon patron qui m'ont poussé à réaliser quelques tableaux, j'y ai pris goût et j'ai continué jusqu'à en faire mon métier.


3- Pourquoi avez-vous choisi de travailler le bogolan ?

Sabre No Made

J'ai choisi le bogolan, car cela me permet d'être en quelque sorte gardien d'une partie de ma culture. J'aime aussi le fait de travailler avec les éléments naturels.


4- Pouvez-vous nous parler de votre technique ?

J'utilise la technique ancienne du bogolan que les femmes ont perpétué. Après le trempage dans des décoctions de plantes, je procède aux dessins de façon simple, en général pour transmettre un message plus ou moins codé...


Traditionnellement, le bogolan se fait sur du coton et c'est ce que je souhaite poursuivre. Je travaille donc essentiellement sur du coton, même si j'ai déjà essayé d'autres matières telles que le cuir et le bois.

Je ne mélange pas la peinture industrielle au Bogolan, sinon pour le reste j'aime explorer d'autres techniques.


5- Combien de temps pour réaliser une toile ?

Le bogolan est un processus qui demande de la patience. Raison pour laquelle j'ai besoin de temps pour un bon résultat qui exige des étapes de trempage et de séchage. C'est ensuite qu'on procède aux dessins sur le tissu pour au final passer au lavage.


Je peux réaliser une toile en une semaine comme je peux prendre un mois, voire plus d'un mois.


6- Quelles sont vos inspirations ?

Avant de démarrer une œuvre je ne sais pas trop par quoi cela va finir, car quand les idées se bousculent dans ma tête j'essaie de capter l'essentiel qui semble me pousser à aller vers la toile. Je ne fais pas trop de croquis, mais plutôt de petits dessins pour ne pas oublier l'idée de bases d'une inspiration.

Comme source d'inspiration les aéroports et les gares me parlent toujours. Pour moi c'est tout un univers que j'exprime par le pied ou les pieds. Le pied est un élément crucial pour moi, car c'est lui qui consolide le savoir. Le pied c'est le mouvement , le voyage, l'exil, le retour...


Je m'inspire aussi beaucoup de l'observation du quotidien, des voyages et des rencontres.



Retrouvez les oeuvres de Tidiane sur la galerie Kelen.

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