Editorial · Editorial

Ghana Must Go: l'histoire d'un sac politique!

By Daffa Konaté March 21, 2023
Ghana Must Go: l'histoire d'un sac politique!

 

Une histoire de sac!

  Les sacs “Ghana Must Go" très répandus en Afrique de l’Ouest sont bien souvent de grandes tailles, en nylon,  avec une fermeture éclair et reconnaissables par leurs motifs vichy bleus ou rouges. Le nom peut varier d’un pays à l’autre mais avec une histoire commune: celle de la migration! En 1983, avec la crise pétrolière, le président du Nigéria Shehu Shagari décrète l’expulsion immédiate d’environ deux millions d'immigrés illégaux du Nigéria, la moitié d'entre eux étant des ghanéens. Ces derniers sont arrivés dans les années 70 avec le boom pétrolier.  Ces personnes sommées de partir du jour au lendemain ont alors mis leurs biens dans ces grands sacs fourre tout qui se sont alors fait connaître sous le nom de” Ghana Must Go”. En fait, ces  deux pays ont longtemps eu une relation compliquée. Quand en 1966 le président ghannéen Kwame Nkrumah est renversé, le nouveau gouvernement du Progress Party adopte le Aliens complains order qui fixe les conditions d’expulsion du Ghana. Les populations les plus touchées sont celles travaillant dans les petits commerces comme les Nigérians mais aussi les Libériens, Libanais et Indiens.

Les "Ghana must Go" dans la mode.....

Aujourd’hui ces sacs inspirent des artistes comme  le photographe de portrait, de mode et d'art Obinna Obioma. Né au Nigéria, cet artiste autodidacte vit aujou’hui à New York. Son travail est centré sur l'investigation de la condition humaine, touchant à des thèmes spécifiques tels que l'identité et l'héritage africain. A propos des “Ghana must go”, il a déclaré:  

“Je me souviens avoir interrogé mes parents  et d'autres proches plus âgés sur l'origine des sacs, car je trouvais qu’ils avaient un nom intéressants”

 

Il s’est associé avec deux autres  artistes: Chioma Obiegu, artiste visuelle et designer nigériane et un styliste de mode , Wuraola Oladapo, pour créer une ligne qu’il décrit comme une fusion de designs occidentaux et africains. Cette série de photos sublime cet accessoire  qui est appelé Barbès en France,  sac de Turc en Allemagne et sac du Nord au Maroc.  Ce sac, chargé d’une histoire lourde, a aussi été sous le feu des projecteurs lorsque Air France KLM l’a banni de ses vols. Cela a ainsi  provoqué la colère des autorités ghanéennes qui ont y vu un acte raciste et discriminatoire puisqu'‘essentiellement utilisé par les voyageurs africains. Les “Ghana must Go” sont toujours très utilisés en Afrique car bon marché et pratique mais on l’a vu aussi dans une collection Balenciaga au prix de 2 090$!

Les "Ghana Must go" dans l'art...

L'artiste camerounaise Alida Ymele s'inspire aussi de cet accessoire. Les rayures, tantôt en fond de toiles, tantôt sur les visages, sont présentes dans ces oeuvres. Les femmes sont bien souvent au centre de ses travaux: des femmes fortes fortes et puissantes!  

 

Œuvres choisies

Œuvres à découvrir